Fantastique documentaire sur les rites de voeuvages au Cameroun.
Long, certes, mais vaut la peine d'etre lu.

Morceaux choisis:

Bana, Urine, sinon tu es coupable:
Dans tous les cas, après le temps fixé par le chef de famille et au petit matin du “nzingù” (jour traditionnellement interdit qui coïncide avec le marché du village Bafang), des membres de la famille et de la belle-famille escortent le veuf pour un bain de purification en plein carrefour. L’heure matinale est choisie pour le soustraire au regard des curieux. L’eau du bain est contenue dans sa petite calebasse. Dans certains villages, le père du concerné devra l’aider, en lui versant de l’eau en petites gouttes, pour le bain. Parfois, cette assistance devait s’accompagner d’incantations significatives sur ce qu’on attendait du destin. A la dernière goutte, on laisse tomber la calebasse, qui se brise contre le sol. Puis c’est l’épreuve fatidique : “il faut pisser”. “Au cours du rite de purification (…), les veuves doivent uriner devant témoin pour certifier qu’elles sont innocentes de la mort de leur époux”, confirme Feyou de Happy. La même chose est attendue du veuf! Il est en effet établi que si votre responsabilité est réelle dans le décès de votre conjoint, vous n’urinerez pas, tant que toute la vérité n’a pas été dite. Cette phase précise pendant laquelle le veuf “criminel” reconnaîtra ses péchés est particulièrement rude, dans la mesure où celui qui ne ‘’pisse’’ pas, doit “se taper le corps au sol en parlant jusqu’à ce que les urines arrivent, même après la levée du jour”. Puis c’est le bannissement. Le coupable sera expulsé de la famille et renié par le village.

Dans le cas où les urines “sortent” vite, il est lavé de tout soupçon et c’est la jubilation. “Les choses se sont bien passées”, dit-on en pareille circonstance. Il est coiffé à ras et jette ses vieux habits au carrefour. Il devra dans les prochains jours, “sortir le deuil”.

Source: Les Cahiers de Mutation   

Enjoy!